La Mauriennaise

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La belle surprise que je n’attendais pas.

Je vais être honnête : lorsque j’ai proposé à ma cousine Elisa de parcourir une partie de la Mauriennaise entre Saint-Jean-de-Maurienne et Aiguebelle, je n’étais pas forcément convaincue d’avance. Quand on habite en Maurienne sur les hauteurs comme Albiez par exemple, on associe souvent le fond de vallée à l’autoroute, aux trains et aux zones industrielles. Pas vraiment l’image de la sortie vélo de rêve…

Écrit par Maëlle Publié le 24 juin 2026
Maëlle

En VTT, en ski ou sur les falaises d'escalade, je passe mes journées à cavaler dans la vallée.

Et pourtant, dès les premiers kilomètres, j'ai compris que j'avais tout faux 

Cette sortie avait aussi un autre enjeu : trouver un parcours qui nous permette de rouler ensemble malgré nos niveaux différents. Je fais régulièrement du vélo, alors que ma cousine pratique plus occasionnellement. Pour l’occasion, elle était équipée d’un vélo à assistance électrique tandis que je roulais avec mon vélo musculaire. Nous les avons récupérés chez D’vélos à Saint-Jean-de-Maurienne.

Résultat ? Une journée où aucune de nous deux n'a eu à se mettre dans le rouge pour suivre l'autre 

Très vite, l’itinéraire nous a emmenées loin des idées reçues que l’on peut avoir sur la vallée. On traverse des villages pleins de charme, on longe des vergers, des champs, des petites routes tranquilles. À plusieurs reprises, nous nous sommes regardées en nous disant : « On est vraiment en Maurienne là ? »

J’ai particulièrement aimé cette impression de découvrir une autre facette d’un territoire que je croyais pourtant bien connaître. Saint-Étienne-de-Cuines, Sainte-Marie-de-Cuines, Saint-Rémy-de-Maurienne, Saint-Léger ou encore Argentine : autant de villages qu’on passe souvent en voiture sans vraiment les traverser et s’y arrêter. À vélo, tout change. On prend le temps de regarder les maisons, les ruelles, les montagnes qui encadrent la vallée. On remarque des détails qui nous échappent complètement à 80 km/h derrière un pare-brise.

Le plaisir de rouler 

Ce que j’aime dans le vélo, c’est qu’il permet bien plus que de se déplacer. Il offre l’occasion de découvrir de nouveaux villages, des paysages insoupçonnés, mais aussi de se découvrir soi-même. Pendant que les jambes tournent, l’esprit voyage. On passe d’un moment de doute à un éclat de rire, d’un effort à une sensation de bonheur intense. Et c’est souvent là que se créent les plus beaux souvenirs.

Et puis il y a ce calme. Bien sûr, l’autoroute n’est jamais très loin, mais elle se fait étonnamment discrète. La plupart du temps, ce sont surtout les oiseaux, le bruit de la rivière ou nos conversations qui accompagnent notre progression.

Mon coup de cœur

Pour être transparente avec vous, mon coup de cœur sur cet itinéraire se situe juste avant Saint-Léger, lorsque la route traverse de magnifiques châtaigniers. J’ai également adoré la traversée de Saint-Rémy-de-Maurienne par les hauteurs. Les points de vue sur la vallée y sont superbes. Entre les belles maisons, les petites fontaines où remplir les bidons et les coins ombragés propices aux pauses, tout invite à ralentir et à profiter du moment.

J’ai aussi particulièrement apprécié les nombreux ruisseaux que l’on croise en chemin. Ils sont parfaits pour se rafraîchir et profiter d’un moment de calme. Enfin… en théorie ! En voulant m’approcher un peu trop près de l’eau, j’ai perdu l’équilibre et j’ai bien failli finir dedans. Nous avons éclaté de rire. Heureusement, nous n’étions plus qu’à quelques kilomètres de l’arrivée. Il faut dire que la fatigue commençait à se faire sentir… et l’idée d’un bon goûter aussi !

La fin du tunnel 

L’arrivée à Aiguebelle apporte une vraie satisfaction : celle d’avoir traversé une partie de la vallée à son rythme. Et le retour en train jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne est la cerise sur le gâteau. Pas besoin de refaire le trajet en sens inverse, il suffit de monter dans le train et de profiter une dernière fois du paysage. Petit conseil toutefois : pensez à réserver une place pour votre vélo en même temps que votre billet. Comme nous étions arrivées en avance, nous en avons profité pour savourer un goûter dans un petit café près de la gare : la façon parfaite de terminer cette journée.

Les données techniques 

Avec ses 38 kilomètres, environ 250 mètres de dénivelé positif et près de 500 mètres de descente, cette portion de la Mauriennaise reste accessible. C’est typiquement le genre de parcours que je conseillerais à des amis qui veulent découvrir le vélo itinérant sans se lancer dans une aventure trop sportive. L’assistance électrique permet aux moins entraînés de profiter pleinement du parcours, tandis que les cyclistes plus réguliers trouvent aussi leur plaisir sur un itinéraire fluide et varié.

Le mot de la fin

Si vous cherchez une sortie à partager en famille, entre amis ou avec quelqu’un qui n’a pas forcément le même niveau que vous, cette étape de la Mauriennaise est une excellente idée. Accessible, dépaysante et pleine de découvertes, elle prouve qu’il reste encore beaucoup de trésors à explorer, même dans une vallée que l’on pense connaître par cœur. Comme quoi, il suffit parfois de ralentir le rythme et de monter sur un vélo pour redécouvrir la Maurienne sous un tout autre regard.