
Un village pendant la guerreVillargondran
Dès le début de l’année 1944, des postes allemands puis russes s’installent dans des maisons du villages afin de surveiller les ponts et les tunnels. Violents, ils menacent la population avec leurs armes, fouilles les maisons et terrorisent les habitants. D’avril à juin, différents parachutages s’effectuent en Maurienne (au col d’Arves, à Foncouverte-La Toussuire, à Saint-Sorlin-d’Arves et à Jarrier) ce qui irrite les occupants.
En août 1944, pour conserver la jonction avec l’Italie du Nord le Haut Commandement fait venir d’Italie des formations d’élite empruntées aux SS. Ces troupes appliqueront des procédures de combat sauvages en violation de toutes les lois de la guerre. De furieux combats se déroulent dans la vallée entre les soldats allemands et les F.T.P (Francs Tireurs et Partisans Français). Et c’est le 23 août 1944, que le village de Villargondran prend feu. Un incendie déclenché volontairement par les allemands. Avec différents points de départ de feu et alimenté par le foin dans les granges, le village est rapidement qu’un brasier. Les habitants s’enfuient alors vers la forêt, aux Villards ou à Albiez-le-Jeune. Au total, c’est quarante foyers sinistrés, plus de la moitié du village a été anéantie.
C’est le 2 septembre 1944 que la Maurienne retrouve sa liberté. Une bataille éclate tôt le matin contre les allemands. Plus de 200 coups furent tirés sur Villargondran, à travers la forêt, même jusqu’à Albiez. Vers 17h, les cloches de Saint-Jean-de-Maurienne, puis celle de Foncouverte sonnèrent. La libération était enfin là !
Le 29 Août, la deuxième compagnie de l’Armée Secrète, renforcée de quelques éléments de la compagnie «Stéphane» arrive de l’Isère par les cols du Glandon et de la Croix de Fer et, attaque à partir des Villards et du chef-lieu. […] Le lendemain soir, un déserteur de l’armée allemande qui a rejoint les troupes de la résistance s’installe avec son fusil mitrailleur dans l’ancien cimetière, au pied du clocher. Il tirera toute la nuit sur les soldats allemands cantonnés aux «Plans» et sera tué à l’aube par des obus allemands qui endommageront gravement le clocher et l’église. Plus de deux cents coups de canon seront tirés par cette batterie ennemie des Plans sur cette compagnie dans la forêt de Villargondran et dans la gorge du Rieubel.
Des secours, ustensiles de cuisine, literie, couvertures, ravitaillement, nous arrivèrent de l’usine A.F.C., par M. Jules Robert, et de la S.N.C.F., par M. Mandray.
Le va et vient routier s’intensifie, ce sont les Afrika-Korps chargés de protéger la retraite et de tout détruire derrière eux. Pour cela, les mulets sont réquisitionnés de force. […] Sur la route, des convois hippomobiles se suivent. Ce sont les attelages réquisitionnés dans la basse Maurienne. Et nos vainqueurs d’hier les suivent à pied ou en bicyclette. De nouveaux Alliés font leur apparition à Saint-Jean à côté des Allemands. Ce sont les «Miliciens» dont les procédés écœurent profondément les gens, pillages, ou beuveries, etc.








