Histoire de la maison de Savoie

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La maison de Savoie est une principauté qui, entre le Xe et XVe siècle a administré un territoire s’étendant de Nice à Turin en passant par la Savoie que l’on connait aujourd’hui. Entre guerres et jeux de pouvoir, les comtes puis les ducs de Savoie ont marqué durablement ce territoire, dont la Maurienne conserve encore aujourd’hui de nombreux témoignages.

histoire du territoire Naissance de la maison de Savoie

La vallée de la Maurienne s’étend sur 120 kilomètres entre l’Italie et les Hautes-Alpes. Bordée de part et d’autres de différents massifs (la chaîne du Grand Arc au Nord et au sud par les massifs des Arves et de Belledonne), le début de la vallée reste au travers des siècles un lieu de passage vers l’Italie, dynamique et stratégique.

Le territoire de la Maison de  Savoie a une histoire qui s’étend à travers les siècles. Vers 500 avant JC, les Allobroges, peuple celte, s’installent dans les Alpes du Nord : ce sont les origines du territoire. Par la suite, les villages se développent et notamment autour des lieux de cultes tels que les églises. Et c’est en 1003 que Humbert, dit aux Blanches Mains, se voit donné par l’Empereur le territoire de la Maurienne, et devient ainsi le premier comte de Savoie. Au XIe siècle, la Savoie est alors rattachée au Saint Empire Romain Germanique. Durant les siècles qui suivent, des bâtiments, symboles de la puissance du territoire, vont être construits ( comme des châteaux ou des abbayes). Des guerres vont être également menées afin d’étendre et défendre le territoire d’attaques. C’est en 1416 que les comtes deviennent ducs de Savoie lorsque l’empereur germanique nomme Amédée VIII alors comte, duc de Savoie.

Quand la Savoie est devenue française

À partir de 1456, date à laquelle le roi de France reprend le Dauphiné (région de la Savoie), la pression française s’accentue. Chambéry, alors capitale de la Savoie est progressivement abandonné au profit de Turin, partageant ainsi la population en un parti savoyard et un parti piémontais aboutissant à deux administrations. Au milieu du XVI siècle, le territoire du Duché de Savoie comprend Genève, une partie du Bugey, la Savoie et le Piémont. En 1536, les armées françaises envahissent la Savoie et François Ier crée le Parlement de la Savoie française à Chambéry. Les écrits et registres officiels doivent être écrits en français. Au XVIIe siècle, de nombreuses batailles font bouger les lignes du territoire savoyard. Mais en 1792, la Savoie est rattachée à la France comme le 84e département, le département du Mont-Blanc. Il faudra tout de même attendre 1861 pour que la Savoie soit officiellement française, après la signature de deux traités (en 1814 et 1815) qui réunifie la Savoie et la rend au roi du Piémont-Sardaigne, Victor-Emmanuel Ier. C’est pour cela qu’aujourd’hui, c’est le prince de Piémont et de Venise qui est Duc de Savoie.

Patrimoine savoyard Cathédrale Saint-Jean-Baptiste

À Saint-Jean-de-Maurienne, une des principales villes de la vallée, des monuments historiques tels que la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et l’ancien évêché intriguent.

D’après la légende, c’est au VIe siècle que Sainte Thècle rapporte de la terre sainte les reliques de Saint Jean-Baptiste : trois phalanges, qui vont devenir par la suite le symbole de la ville. C’est autour de ces reliques que l’évêché de Maurienne fut créé. La valeur de ces reliques donna son nom à la ville ainsi que son symbole : 3 doigts couronnés. La ville de Maurienne fut alors baptisée Saint-Jean-de-Maurienne et devint un lieu de pèlerinage. La cathédrale fut construite autour de ces reliques et face à l’affluence de pèlerins. Au fil des siècles, la ville s’est développée autour de cette institution ; un palais des évêques est construit rapidement. Ce bâtiment a accueilli les ducs de Savoie qui faisaient halte en ville, mais servait aussi de lieu pour héberger les évêques de Maurienne.

Un lieu stratégique fortifié Roc de Charbonnière

Aux portes de la vallée de la Maurienne, à Aiguebelle, le roc de Charbonnière domine la vallée et en surveille l’entrée. C’est une résidence ancestrale des comtes de Maurienne et des comtes de Savoie.

La Maison de Savoie y a écrit les premières pages de son histoire dès l’an 1000, avec le comte Humbert 1er aux Blanches Mains. Il a été le berceau de naissance de deux comtes importants dans la lignée des Savoie : Thomas 1er et Philippe 1er. Lieu stratégique, il domine Aiguebelle de 80 mètres et a été longtemps une place fortifiée qui a subit de nombreuses attaques au fil des siècles. Il a résisté face à de nombreuses attaques durant 200 ans et notamment celles par les armées royales françaises de François 1er et Henri IV aux XVIe et XVIIe siècle. Mais c’est en 1742, que la château capitule face aux espagnols. Les occupants du château sont contraints de se réfugier en Haute-Maurienne et le château sera laissé en ruines.

À l’origine contre le Roc, il existait une tourbière, qui a été dallée au Moyen-Age. Ce vivier servait de réserve à poissons pour nourrir les occupants du château : les Comtes de Savoie, leurs hôtes, des hommes en armes et les manants qui s’occupaient de l’intendance. Au fil des siècles il s’est appelé le Lac de Charbonnières.

Aujourd’hui, un chemin boisé et aménagé permet d’accéder au sommet en une quinzaine de minutes. Une citerne, un mur de clôture et quelques murets, nous laissent deviner la taille et la puissance de ce site chargé de l’histoire de Savoie.

Charbonnière, berceau de la maison de Savoie
Charbonnière, berceau de la maison de Savoie
L'attaque du Chateau de Charbonnière
L'attaque du Chateau de Charbonnière

Seul vestige d'un ancien château La Tour de Berold

Sur les hauteurs de Saint-Jean-de-Maurienne, à la Tour-en-Maurienne, la Tour de Berold ou Tour du Châtel se dresse fièrement. Cette tour carrée est le vestige du château d’Hermillon et domine la vallée depuis plus de 1000 ans. Ce château médiéval a des origines mystérieuses. Si on en fait mention officiellement qu’en 887, on sait que les romains occupaient déjà le site ; ce qui en fait la plus vieille tour de Savoie.

La Tour de Berold est un bâtiment carré, de 14,5 mètres de côté, dont les murs atteignent une vingtaine de mètres de hauteur. Ce devait être une ancienne tour de donjon d’un château aujourd’hui disparu. Mise à mal par les Sarrasins au Xème siècle, la tour sera rénovée par le mythique Bérold de Saxe, ancêtre du premier Comte de Maurienne et fondateur de la Maison de Savoie : Humbert aux blanches mains. Abandonnée, dans le courant XVIIème siècle, elle sera rénovée en 1828 par Charles Félix (duc de Savoie et roi de Sardaigne). Le bâtiment est classé monument historique en 1900. Puis, lors de la libération de la Savoie en 1944, elle fut occupée par les Allemands qui y retinrent même des otages. Elle ne fut libérée que le 30 août 1944. Diverses légendes ont encore cours à son sujet : on parle notamment d’un caveau contenant des vases emplis d’une liqueur délicieuse et surtout d’un passage secret de plusieurs kilomètres à travers le rocher rejoignant la Tour de la Fournache (située 6km plus loin).

Nos réponses à vos questions

La Maison de Savoie : KESAKO ?
  • Qui est Humbert aux Mains Blanches ?

    Humbert, dit Humbert aux Blanches Mains, appelé aussi Humbert Ie de Savoie est le premier comte de Savoie et fondateur de la Maison de Savoie. Son surnom « aux Blanches Main » lui viendrait selon certains historiens à ses qualités politiques. Il a été sacré comte de Maurienne en 1048.

    Un monument funéraire est dressé dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste à Saint-Jean-de-Maurienne en son honneur.

  • Sur quelle période s'étend la Maison de Savoie ?

    La Maison de Savoie s’étend sur 800 ans depuis sa fondation en 1003 par Humbert aux Blanches Mains jusqu’à le rattachement de la Savoie à la France à 1861. Elle a ainsi eu 52 comtes et ducs de Savoie (du XIe siècle à 1416) avec 8 gouvernances françaises et une espagnole à différents moments de son histoire.

  • Quel a été le territoire de la Maison de Savoie ?

    La Maison de Savoie s’est étendue au fil des années de Nice au Sud à Genève au Nord et de Lyon à Ouest à Verseil en Italie à l’Est. Aujourd’hui, la Savoie française est bien plus petite. Elle s’est d’abord divisée en deux, la Savoie et la Haute-Savoie ; et s’étend de Chambéry à l’Ouest jusqu’à Bonneval-sur-Arc à l’Est pour la partie Savoie.

  • Quels autres vestiges de la Maison de Savoie reste-t-il ?

    Aujourd’hui, de nombreux vestiges de la puissance de la Maison de Savoie sont conservés. Notamment l’abbaye de Hautecombe, construite en 1139 sur les rives du lac du Bourget. Elle deviendra la sépulture des premiers souverains savoyards. Le château des Ducs de Savoie ou château de Chambéry est un ancien château fort du XIe siècle. Il devient siège de la maison de Savoie, puis devient au XVIe siècle bâtiment administratif des Etats de Savoie avant d’être bâtiment administratif français.

  • Mais au fait, les Allobroges, c'est quoi/qui ?

    Les Allobroges sont un peuple celte qui est venu s’installer dans les Alpes du Nord vers 500 avant JC. Ce nom vient du lation allo, qui signifie « autre » et brog, « pays » (le peuple qui vient d’un autre pays).

  • D'où vient le nom "Savoie" ?

    Le nom Savoie, vient du nom Sapaudia  qui désignait au IVe siècle le territoire des Allobroges. Cela signifie « pays des sapins ».

  • Y a-t'il un dialecte savoyard ?

    La langue savoyarde est un patois né de la langue gallo-romane. Il n’y a jamais eu d’officialisation de la langue, et c’est seulement en 1874 que le franco-provençal est une langue à part entière, au même titre que la langue d’Oc et la langue d’Oïl.

    Aujourd’hui des mots et des expressions persistes. vous pouvez d’ailleurs en croiser certains dans des noms d’endroits, sur des panneaux ou dans la bouche des locaux :

    • arvi ou arvi pa : au revoir
    • aulp: alpage
    • balme: grotte
    • mollard: la colline
    • monchu: quelqu’un qui n’est pas d’ici
    • praz: les prés
    • y: remplace les pronoms d’objet « le », « la », ou « les »