Le passé industriel

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Entre mines et carrières, manufactures de pâtes et coutellerie, usines électrochimiques et production d’aluminium, la Maurienne a une histoire étroitement liée à l’industrie.

de la préhistoire à aujourd'hui Les industries en Maurienne

En Savoie, l’exploitation des ressources minérales remonte à la Protohistoire avec l’extraction du cuivre et du fer, puis se développe à l’époque antique grâce au plomb argentifère. L’activité minière connaît un essor important au Moyen Âge et entre les XVIIe et XIXe siècles, portée par la diversité géologique des massifs alpins. Ces exploitations contribuent alors au dynamisme économique local. À partir de la fin du XIXe siècle, les mines savoyardes déclinent progressivement, concurrencées par des gisements plus vastes et plus rentables découverts à l’international ainsi que par les progrès techniques dans le traitement des minerais. Mais les installations hydroélectriques prennent de l’ampleur et favorisent l’essor de nouvelles industries. Aujourd’hui des entreprises de chimie se sont également installées et les transports, notamment ferroviaires, se développent et sont les acteurs de l’économie mauriennaise.

cuivre, fer et argent Les filons des Hurtières

Aux portes de la vallée de la Maurienne, au cœur de la chaîne des Hurtières, les filons de cuivre, de fer mais aussi d’argent sont exploités depuis l’époque romaine. Le sud de la vallée de l’Arc comprend de nombreux gisements de fer et la mine des Hurtières a été exploitée au moins depuis le XIVᵉ siècle jusqu’en 1930. Si dans un premier temps le cuivre et l’argent étaient au cœur des convoitises, le fer va constituer l’essentiel de l’exploitation. Bien que la Savoie ait compté 384 mines et points d’extraction, c’est bien sur ce site qu’a été implanté le premier atelier monétaire des Comtes de Savoie et jusqu’à la fin du XIXe siècle ce fut un pôle majeur de l’extraction de l’ « acier naturel ». La mine des Hurtières est le gisement de fer le plus important de Savoie. En 1859, la mine employait 234 mineurs. Au total, il y a été extrait 1 500 000 tonnes de sidérite et 430 tonnes de cuivre métal.

Aujourd’hui, le musée du Grand Filon raconte l’histoire des femmes et des hommes dans ce qui fut la plus grande exploitation de métaux de Savoie. Il est possible de rentrer dans les anciennes galeries (galerie Saint-Louis et Sainte-Barbe) et d’en apprendre plus sur le site grâce aux différents espaces muséographiques.

Saint-Georges-d'Hurtières : Découverte des mines des Hurtières
Saint-Georges-d'Hurtières : Découverte des mines des Hurtières
Petite Histoire des mines des Hurtières, les plans inclinés
Petite Histoire des mines des Hurtières, les plans inclinés

gypse et ardoise Les carrières de la vallée de la Maurienne

Le gypse

Pierre blanche, le gypse est une roche légèrement soluble dans l’eau donc, très friable. Le gypse sert de matière première pour la fabrication du plâtre. En Maurienne, cette roche est utilisée dans la construction locale depuis la fin du XIXe siècle. En 1881, la société des plâtrières du Sud-Est développe l’exploitation du gypse dans la vallée de l’Arvan, en souterrain puis à ciel ouvert. Le gypse est extrait à la pioche dans les galeries percées à la dynamite. Il est ensuite descendu à dos d’âne jusqu’aux moulins de la vallée qui le broient et le concassent pour alimenter les fours à plâtre.

Aujourd’hui, la fête du Gypse à Saint-Pancrace rassemble habitants et visiteurs autour de cette roche particulière. Un rendez-vous autour de l’art avec la création de sculptures taillées directement dans des blocs de gypse.

L’ardoise

Les ardoises, utilisées traditionnellement pour les toitures des maisons savoyardes et par les écoliers, sont des roches foncées plates (schiste). Certaines ont pu être extraites à Saint-Julien-Montdenis. Cet « or noir » a façonné la vallée de la Maurienne au XIXe et XXe siècles, avec jusqu’à 25 millions d’ardoises produites annuellement entre les deux guerres. Aujourd’hui, un sentier permet de partir sur les traces des ardoisiers. On peut y voir les vestiges du site d’exploitation, les outils de l’époque et entrer dans les anciens tunnels de la mine.

hydroélectricité, hydrométallurgie La houille blanche : booster d'économie

La vallée de la Maurienne est connue pour son industrie de houille blanche. Cela désigne l’énergie hydroélectrique produite par les chutes d’eau. Elle s’oppose à la houille noire, qui désigne le charbon. C’est le papetier Aristide Bergès qui équipe, en 1869, une chute d’eau de 200m près de Grenoble pour faire tourner des défibreurs. Très vite, on arrive à produire de l’électricité. Par la suite, Paul Héroult est le premier à extraire l’alumine de la bauxite pour fabriquer de l’aluminium par électrolyse. Dès 1900, il perfectionne un four à acier pour permettre la production à échelle industrielle de ce métal.

En Maurienne, l’industrie de la houille blanche est rendue possible par le biais du réseau hydrographique installé sur l’Arc. Elle attire de nombreux pionniers dès 1890. La Première Guerre mondiale provoque un développement massif des usines pour répondre à la demande d’armement. Avec un besoin de main d’œuvre croissant, des réfugiés de toutes nationalités migrent pour travailler dans les années 1920. Les vallées se métamorphosent et deviennent des centres industriels. L’utilisation de l’énergie hydroélectrique et la croissance des activités, nécessitent un réseau de transport fiable.

Après la Seconde Guerre mondiale, avec la nationalisation de l’électricité et dans un contexte de mondialisation, l’industrie de la houille blanche en Maurienne a perdu en puissance. Aujourd’hui, la vallée a conservé certaines industries.

1 Usine d'aluminium à Saint-Jean-de-Maurienne
2Usine pétrochimique à La Chambre
3Fabrique de poudre d'aluminium à Hermillon
4Centrale EDF sur l'Arvan

de nos jours Le développement d'autres industries

En dehors des grandes usines et des carrières, d’autres industries se développent. C’est le cas de la marque Opinel dont l’histoire commence dans le hameau de Gévoudaz et des pâtes La Pasta à Saint-Jean-de-Maurienne.

L’histoire de l’Opinel

En 1872, Joseph Opinel naît à Gévoudaz, un petit hameau d’Albiez-le-Vieux. Lieu-dit aux conditions rudes à l’époque, mais situé au bord d’une rivière, endroit parfait pour en faire un atelier. C’est ici que Victor-Amédée, son ancêtre, s’est installé pour exercer sa profession de forgeron en 1800. À la tête d’un atelier à présent familial, son petit-fils deviendra un taillandier renommé. Vous l’aurez deviné, c’est lui, Joseph Opinel qui créera le célèbre couteau pliable. Il s’intéresse aussi aux nouvelles techniques de son époque qui le passionnent. Il alliera les apprentissages de son père avec la modernité pour créer le fameux couteau de poche. Un manche ergonomique en bois, une lame effilée pliable dans son manche : un objet pratique au design déjà avancé. L’opinel est né. Il choisit comme emblème une main couronnée, les trois doigts référence à l’histoire de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne et de la légende des reliques de Saint Jean-Baptiste ; et la couronne qui fait référence au duché de Savoie.

Les ventes s’accélèrent et dès 1901, on manque de place.  L’atelier familial devient alors une usine, construite au pont de Gévoudaz, au bord de la route. Opinel s’installera à Cognin en 1915, un site se trouvant également au bord d’une rivière, à proximité de Chambéry. Joseph Opinel a quitté sa vallée natale mais pas la Savoie. L’usine est aujourd’hui à Chambéry, à seulement quelques encablures de l’usine de Cognin. Elle promeut toujours le Made in France.

La Pasta

La Maurienne est le berceau d’une première usine de pâtes de Savoie en 1884. La famille Bozon Verduraz, venue de Saint-Colomban-des-Villards s’installe à Saint-Etienne-de-Cuines en 1884. Le père Jean Pierre, puis son fils Emmanuel vont donner naissance à une gigantesque usine qui va fabriquer des pâtes grâce à  la puissance de l’hydroélectricité qui va donner l’énergie aux machines. L’usine fabrique 125 tonnes par jour et plus de 700 ouvriers fabriquent des coquillettes, vermicelles, nouilles, spaghetti, plombs (des pâtes rondes). Le rayonnement de l’usine est international.

Depuis 2005 l’usine fabrique des spécialités de Savoie, dans la pure tradition initiée en 1884. Cette entreprise familiale est engagée dans le choix des matières premières, les farines sont soigneusement sélectionnées, pour être ensuite transformées en crozets, sapins, edelweiss, gentianes, tortillons, finettes…

« Nos pâtes racontent notre territoire et notre terroir. »

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